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Sommet canadien de l’investissement : Ce qu’il signifie pour les investisseurs

Rédigé par RBC Gestion mondiale d’actifs

Publié le 23 septembre 2026

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Le récent Sommet canadien de l’investissement a réuni des investisseurs du monde entier qui gèrent plus de 100 000 milliards de dollars d’actifs1. Quel en est l’objectif ambitieux? Attirer de nouveaux investissements de 1 000 milliards de dollars au Canada au cours des cinq prochaines années. Le pays deviendra ainsi une destination de choix pour les capitaux à long terme.

L’argumentaire en faveur d’investissements au Canada

Les arguments que le Canada a fait valoir aux investisseurs mondiaux reposent surtout sur ses solides données financières fondamentales : les meilleures cotes de solvabilité (tout comme les particuliers, les pays reçoivent des cotes de crédit fondées sur leur capacité de remboursement), le ratio dette nette/PIB le plus bas parmi les pays du G7, et des banques d’une stabilité sans égale dans le monde. Ces atouts sont les principales raisons pour lesquelles d’importants engagements d’investissement ont été obtenus.

Engagements financiers considérables

Le Canada a obtenu des garanties de financement immédiat de près de 500 milliards de dollars :

Le « Fonds Maple » : L’Office d’investissement du régime de pensions du Canada (RPC) et Brookfield Asset Management ont lancé un partenariat de 50 milliards de dollars (25 milliards de dollars chacun sur cinq ans) qui cible des projets d’envergure nécessitant un financement d’au moins cinq milliards de dollars. Chaque investissement sera évalué de façon indépendante par les deux organismes.

Capitaux de caisses de retraite et de sociétés d’assurance : Investissements PSP (pensions du secteur public) augmentera ses investissements au Canada de 30 à 40 % (environ 25 milliards de dollars selon les avoirs actuels), le Régime de retraite des enseignantes et des enseignants de l’Ontario engagera dix milliards de dollars supplémentaires d’ici la fin de 2027 et la Sun Life a promis d’affecter cinq milliards de dollars sur cinq ans aux infrastructures canadiennes.

Engagements de crédit des banques canadiennes : Des engagements substantiels ont été pris par la Banque TD (150 milliards de dollars pour l’énergie, les minéraux critiques, la défense, l’intelligence artificielle et l’infrastructure), la Banque Scotia (100 milliards de dollars) et la Banque de Montréal (70 milliards de dollars sur dix ans pour l’énergie, les mines, l’intelligence artificielle, les transports et la défense).

Principaux changements touchant les politiques gouvernementales

Deux changements politiques majeurs pourraient raccourcir les délais d’investissement.

Déduction fiscale pour investissement d’entreprise : Il a été annoncé lors du sommet que les entreprises pourraient désormais déduire immédiatement le coût total des investissements dans environ 65 % des types d’équipement et d’actif (machines, logiciels, infrastructures de télécommunications et d’intelligence artificielle, propriétés minières, pipelines et plus encore). Ce programme de 36 milliards de dollars en cinq ans a pour effet d’abaisser le taux d’imposition du Canada sur les nouveaux investissements des entreprises à 6,4 %, soit le taux le plus bas parmi les pays du G7 et moins de la moitié du taux des États-Unis. Le Canada devient donc beaucoup plus intéressant pour les entreprises désireuses d’investir.

Élargissement de la Loi visant à bâtir le Canada : Adoptée en juin 2025, la Loi visant à bâtir le Canada vise à simplifier l’approbation des projets d’infrastructures d’importance nationale conformément à l’approche « un projet, une évaluation, une année ». Aucun projet n’a bénéficié de ce traitement accéléré au cours de la première année, mais un projet d’oléoduc de la côte ouest a fait l’objet d’une consultation publique en août 2026, et il sera probablement le premier à être approuvé. Le processus d’approbation relatif à trois autres projets (la route de la vallée du Mackenzie, la route et le port de Grays Bay, ainsi qu’une installation de traitement des déchets nucléaires) a commencé en juin 2026.

Autres faits notables

Exploitation des aéroports : Ottawa cherche à confier à des sociétés privées l’exploitation de ses quatre plus grands aéroports (Toronto-Pearson, Montréal-Trudeau, Calgary et Vancouver). Le gouvernement conserverait la propriété des terrains, tandis que des exploitants privés seraient responsables des activités quotidiennes. L’objectif est de dégager des fonds pour d’autres priorités, comme le transport en commun régional. Toutefois, 53 % des Canadiens s’opposent fermement ou quelque peu à ce plan2, craignant que les exploitants privés privilégient les profits au détriment de la qualité du service. Une supervision rigoureuse de la part du gouvernement sera donc essentielle.

Pôle d’intelligence artificielle : Bell Canada et la Saskatchewan ont annoncé avoir conclu une entente préliminaire en vue de la construction d’une gigantesque installation de calcul pour l’intelligence artificielle et d’énergie propre d’une capacité de 1,2 gigawatt, représentant plus de 50 milliards de dollars d’investissements et pouvant créer des milliers d’emplois. La phase initiale (300 mégawatts) est déjà en construction, tandis que l’expansion de plus grande envergure dépendra de l’obtention des permis, des engagements des clients et des approbations environnementales.

Occasions d’investir

Il faudra du temps avant que les effets se fassent sentir, mais plusieurs entreprises et secteurs canadiens sont bien placés pour tirer parti d’importantes dépenses d’infrastructure :

  • Les banques et les gestionnaires de placements contribueront à financer des projets d’infrastructure et tireront parti de l’accroissement de l’activité économique. L’expérience de l’Australie dans les années 2000 et 2010 offre une comparaison utile : des investissements massifs en infrastructures ont engendré une prospérité fondée sur les exportations et de solides rendements pour les banques.
  • Les sociétés énergétiques et de pipelines devraient bénéficier des investissements dans les infrastructures énergétiques prévus pour les 167 projets mentionnés.
  • Les sociétés minières sont bien placées pour en profiter, puisque près de 38 % des projets (63 projets) sont axés sur les minéraux et les métaux, en particulier les minéraux critiques nécessaires à la fabrication de batteries et aux technologies.
  • Les sociétés de construction et d’ingénierie contribueront aux importantes initiatives de construction.
  • Les services publics et les producteurs d’énergie propre sont alignés sur les priorités du sommet en matière de production d’énergie, tandis que les sociétés de télécommunications pourraient tirer parti des déductions fiscales et d’une participation directe à des projets comme le pôle d’intelligence artificielle de la Saskatchewan.

Conséquences

Le Sommet canadien de l’investissement marque un tournant dans l’approche du Canada pour attirer des investissements mondiaux. Bien qu’il soit encore tôt pour en mesurer les effets, la combinaison d’importants engagements de financement et de politiques gouvernementales favorables témoigne d’une orientation claire vers une croissance économique soutenue par les infrastructures.

Le rapport ci-dessus a été créé par RBC Gestion mondiale d’actifs.

Plonger plus profondément

John Stackhouse, premier vice-président, Bureau du chef de la direction, Leadership Avisé RBC, écrit que la véritable mesure de l’impact du sommet ne sera pas connue avant des années, par le biais des flux d’affaires et, en fin de compte, de la croissance économique.   Mais à court terme du moins, cela a envoyé un nouveau message au monde, que le Canada a des ambitions en matière de capitaux.

  1. Premier ministre du Canada, « Près de 500 milliards de dollars en nouveaux investissements mobilisés au Canada lors du tout premier Sommet canadien de l’investissement
  2. Nanos, « Slim majority of Canadians against federal government’s proposal to privatize airports » (en anglais seulement), « Une faible majorité de Canadiens s’opposent à la proposition du gouvernement fédéral de privatiser les aéroports » (traduction libre), juillet 2026

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