La grande question : Les taux obligataires augmentent, qu’est-ce que cela signifie pour les actions?
Rédigé par L'équipe Investisseur Inspiré
Publié le 7 octobre 2026
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Qu’est-ce que le marché obligataire a à voir avec les actions? Alors que les taux de rendement obligataires atteignent des sommets inégalés depuis des années, en particulier aux États-Unis, c’est une question à laquelle davantage d’investisseurs devraient s’intéresser.
En effet, si la hausse des taux de rendement obligataires n’a pas d’incidence directe sur les actions, elle peut agir sur les valorisations boursières, réduire l’attrait relatif des secteurs qui versent des dividendes et, au bout du compte, avoir une incidence sur le rendement global de votre portefeuille. Et certains observateurs craignent que la pression sur les marchés obligataires ne s’atténue pas de sitôt.
Regardons de plus près ce qui explique cette évolution du marché obligataire et l’incidence que ce changement pourrait avoir sur votre portefeuille.
Qu’est-ce qui influence le marché obligataire?
Le marché des titres à revenu fixe n’attire habituellement pas l’attention des investisseurs comme c’est le cas pour les actions. Mais de temps à autre, les taux de rendement obligataires se comportent d’une manière que personne ne peut ignorer. C’est ce qui s’est produit en septembre. Le taux de rendement des obligations du Trésor américain à 30 ans a atteint 5,65 %1, son plus haut niveau depuis 2004; les taux de rendement des autres obligations d’État ont atteint des sommets inégalés depuis des années; et le taux de rendement de l’obligation de référence du gouvernement du Canada à 10 ans a atteint 3,99 % (il a depuis dépassé 4 %), son plus haut niveau depuis octobre 20232.
Alors, que se passe-t-il avec les taux de rendement obligataires? L’inflation est certainement un facteur. Avec la persistance des prix élevés du pétrole, les gens craignent que les pressions sur les prix persistent, ce qui pourrait forcer les banques centrales à agir, avec pour conséquence une hausse des coûts d’emprunt. De fait, la Réserve fédérale américaine (Fed) a récemment relevé son taux directeur d’un quart de point pour tenter de juguler l’inflation.
Le problème, maintenant, c’est que même si la hausse des taux vise à ralentir les dépenses, elle ne peut pas remédier à la perturbation de l’approvisionnement en pétrole qui cause l’inflation. Si les investisseurs pensent que l’inflation pourrait rester élevée en raison de cette perturbation, ils pourraient exiger des taux de rendement plus élevés pour les obligations à long terme afin de compenser la perte de pouvoir d’achat. Les taux des obligations à long terme reflètent en partie cette perception, au vu du niveau atteint par les obligations du Trésor américain à 30 ans. Et la pression que l’on observe sur les obligations à plus long terme donne à penser que les investisseurs doutent que la Fed soit en mesure de maîtriser l’inflation de sitôt.
L’inflation n’est pas le seul enjeu. La hausse de la dette publique et des déficits signifie que les pays doivent recueillir plus d’argent par l’intermédiaire du marché des titres à revenu fixe en émettant de nouvelles obligations. Lorsqu’un plus grand nombre d’obligations sont mises sur le marché, les gouvernements doivent souvent offrir des taux de rendement plus élevés pour attirer suffisamment d’acheteurs, surtout si les investisseurs ont d’autres occasions intéressantes de placer leurs capitaux. C’est le cas aujourd’hui : les investissements massifs nécessaires pour financer la construction à grande échelle d’infrastructures d’intelligence artificielle sont en concurrence avec les obligations d’État pour capter les fonds qui circulent sur les marchés financiers3.
Quelle est l’incidence des taux de rendement obligataires sur les actions?
On pourrait penser que la hausse des taux de rendement est un problème qui ne concerne que le marché obligataire, mais les taux de rendement obligataires influent sur la valeur de presque tous les actifs financiers, y compris les actions. En effet, les taux de rendement des obligations d’État sont considérés comme le rendement de base que les investisseurs peuvent potentiellement obtenir tout en prenant l’un des plus faibles niveaux de risque sur les marchés financiers.
Pour présenter les choses autrement : si vous pouviez acheter un placement qui vous offrirait le rendement presque garanti d’une obligation d’État, investiriez-vous dans une autre catégorie d’actifs plus risquée pour le même rendement? Peut-être pas.
La hausse des prix et des coûts d’emprunt peut également inciter les investisseurs à évaluer si une entreprise est en mesure de continuer à croître et de justifier la hausse du cours de son action. S’ils pensent qu’une entreprise ne pourra peut-être pas maintenir sa croissance si les prix continuent d’augmenter et que les habitudes de consommation changent, les valorisations pourraient diminuer et les cours boursiers baisser en conséquence. La hausse des taux de rendement obligataires pourrait rendre les actions, en particulier celles dont le cours repose sur l’anticipation de bénéfices situés loin dans le temps, moins attrayantes pour les investisseurs.
Quelles actions pourraient être touchées?
Les entreprises axées sur la croissance – dont la valeur dépend en grande partie des bénéfices prévus pour les années à venir – et les actions génératrices de dividendes ont tendance à être particulièrement sensibles à la hausse des taux de rendement obligataires. Dans le cas de celles axées sur la croissance, si les investisseurs pouvaient générer de solides rendements avec moins de risque, ils pourraient être moins enclins à investir dans des entreprises qui sont plus risquées et qui pourraient ne pas générer de rendements importants pendant des années.
Les sociétés qui versent des dividendes, souvent concentrées dans des secteurs comme les services publics, les pipelines, les sociétés de télécommunications et les fiducies de placement immobilier, rivalisent plus directement avec les obligations en raison de la régularité de leurs distributions en espèces stables.
Lorsque les taux de rendement obligataires sont faibles, les actions à dividendes peuvent offrir à la fois un potentiel de rendement plus intéressant et un potentiel d’appréciation du cours de l’action. Mais lorsque les taux de rendement obligataires augmentent, les investisseurs pourraient être en mesure de tirer davantage de revenus des obligations d’État et des obligations de catégorie investissement que des actions à dividendes.
La hausse des taux de rendement obligataires peut également entraîner des répercussions sur les entreprises. Par exemple, les entreprises qui disposent de solides flux de trésorerie et qui dépendent moins de la dette pourraient être mieux placées pour maintenir leur croissance. Par contre, celles qui sont lourdement endettées pourraient subir des pressions plus fortes pour se serrer la ceinture à mesure que le coût des emprunts augmente.
Comment les investisseurs peuvent-ils réagir?
Bien sûr, des taux de rendement obligataires plus élevés ne signifient pas que les actions vont chuter. L’indice de référence S&P 500 a continué de filer vers de nouveaux sommets pendant la majeure partie de 2026 – même si ce rendement est largement attribuable à une petite poignée de sociétés technologiques. À la fin de septembre, davantage de sociétés de l’indice atteignaient leurs creux sur 52 semaines que leurs sommets sur 52 semaines4.
Si les marchés nous ont appris quelque chose, c’est que la situation économique et les taux d’intérêt peuvent changer rapidement. Plutôt que d’essayer de prédire l’avenir des taux de rendement obligataires ou des actions, de nombreux experts soutiennent qu’un portefeuille diversifié est un bon moyen de composer avec les fluctuations des marchés, de l’économie et des taux.
- Département du Trésor américain, « Daily Treasury Rates » (en anglais seulement), « Taux quotidiens des titres du Trésor » (traduction libre), consulté en octobre 2026
- Banque du Canada, « Rendements des obligations », consulté en octobre 2026.
- Business Insider, « The AI boom is pushing bond yields higher in ways that go beyond corporate borrowing, ING says » (en anglais seulement), « Le boom de l’IA pousse les taux de rendement obligataires à la hausse d’une manière qui va au-delà de l’emprunt des entreprises, selon ING » (traduction libre), octobre 2026
- CNBC, « Stocks had a great day on the surface. But something alarming occurred not seen since 1999 » (en anglais seulement), « À première vue, les actions ont connu une excellente journée, mais un phénomène alarmant s’est produit pour la première fois depuis 1999 » (traduction libre), septembre 2026
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