Paré au décollage : Investir dans l’économie spatiale
Rédigé par L'équipe Investisseur Inspiré
Publié le 8 mai 2026
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Les lancements privés de fusées, les bases lunaires établies et les voyages interplanétaires semblaient autrefois être de la science-fiction. Aujourd’hui, ils se rapprochent de la réalité. Avec Artemis II captant l’attention du monde lorsque l’engin spatial a fait le tour de la Lune, l’intérêt public pour l’exploration spatiale semble être au plus élevé qu’il ne l’a été depuis des années.
Tandis qu’un nombre croissant d’entrepreneurs se concentre sur le ciel, les investisseurs du monde entier trouvent de plus en plus d’occasions d’explorer les occasions axées sur l’espace. Voici un aperçu de l’état actuel de l’économie spatiale, des principaux acteurs qui sont à l’avant-garde et de certains des risques associés aux placements dans un secteur en expansion.
L’économie spatiale en croissance
Les humains explorent le cosmos depuis des décennies, mais l’économie spatiale mondiale semble décoller comme jamais auparavant. Le Forum économique mondial estime qu’elle affichera une valorisation incroyable de 1 800 milliards de dollars américains d’ici 2035, soit près du triple des 630 milliards de dollars américains qu’elle valait en 20231. Plusieurs facteurs sont en jeu, notamment les coûts de lancement moins élevés (qui ont considérablement diminué au cours des deux dernières décennies), la demande accrue pour les renseignements alimentés par l’IA sur les données spatiales et le besoin d’une meilleure connectivité par satellite. Les investissements du secteur privé dans l’économie spatiale ont également bondi, atteignant 7 milliards d’euros (11,3 milliards de dollars canadiens) à l’échelle mondiale en 2024, soit une hausse de 20 % par rapport à l’année précédente, selon l’Agence spatiale européenne (ESA)2.
Alors, qu’est-ce que l’économie spatiale, exactement? Vous pensez peut-être aux satellites, aux lanceurs et au GPS, et bien qu’ils en fassent partie – on les considère comme des applications « de base » –, l’économie les dépasse largement. Elle comprend aussi les industries qui profitent de ces technologies spatiales, comme les communications numériques (pensez aux puces à l’intérieur de votre téléphone intelligent) et les biens de consommation, où les réseaux par satellite contribuent à améliorer la logistique et le transport, ce qui permet aux entreprises de générer plus de revenus.
Qui mène la course à l’espace?
À mesure que l’économie spatiale s’échauffe, les pays redoublent d’efforts pour gagner une plus grande part du marché, ce qui pourrait avoir des effets d’entraînement pour les investisseurs. Les États-Unis, la Chine, le Japon et l’Allemagne sont les principaux acteurs qui investissent des milliards de dollars dans leurs programmes spatiaux. Une grande partie de ce financement est versée directement à des sociétés ouvertes et fermées sous forme de conventions d’achat, de contrats de défense et de subventions. Pendant ce temps, des pays comme le Royaume-Uni, la Norvège, la Corée du Sud, les Émirats arabes unis, la Nouvelle-Zélande et l’Australie augmentent leurs investissements dans le secteur pour des choses comme l’innovation technologique et le lancement de satellites3.
Le Canada, dont le secteur spatial a généré 25 % moins de revenus en 2024 qu’en 2014, commence également à augmenter ses investissements dans ce secteur. Les dépenses totales du Canada liées à l’espace ont atteint 549 millions de dollars en 2024. Le budget spatial du pays devrait augmenter de 56 % au cours de la prochaine décennie. Le gouvernement fédéral s’est engagé à investir environ 180 millions de dollars pour accroître les capacités de lancement, et deux sites sont déjà en cours de développement dans les provinces de l’Atlantique4.
Auparavant, le secteur spatial était en grande partie dirigé par les politiques gouvernementales et était donc assez cyclique, mais cela change rapidement. Même si le gouvernement joue toujours un rôle important, la commercialisation croissante du secteur marque un virage vers une croissance plus constante, ce qui pourrait être une bonne nouvelle pour les investisseurs.
Les moyens d’obtenir une exposition
De plus en plus de sociétés spatiales se sont lancées en bourse ces dernières années (vous pouvez en suivre bon nombre sur l’indice spatial S&P Kensho, qui a progressé de 123 % au cours des 12 derniers mois, en date du 16 avril), mais bon nombre des principaux acteurs demeurent des sociétés fermées. Cela limite l’accès direct pour les investisseurs. Néanmoins, il existe des moyens d’obtenir une exposition directe et indirecte au secteur.
Des placements pourraient être effectués dans le secteur de l’aérospatiale et la défense (A&D), dans lequel de nombreuses sociétés ont déjà établi des divisions spatiales. Ces entreprises ont habituellement des flux de revenus diversifiés, ce qui peut contribuer à réduire la volatilité pouvant découler d’un placement dans une société axée uniquement sur l’espace. Selon une estimation, les sociétés de défense représentent 53 % de tous les investissements dans les lancements spatiaux en 20245.
Les sociétés ouvertes plus petites axées sur des niches, comme les lancements de petits satellites ou les services de données géospatiales, pourraient également être un secteur à envisager. En raison de leur concentration particulière, ces sociétés pourraient être plus volatiles, mais elles pourraient offrir un potentiel de croissance élevé si elles prennent leur envol.
Les fonds négociés en bourse (FNB) axés sur l’espace sont aussi une façon pour les investisseurs d’obtenir une exposition à plusieurs sociétés en même temps. Ces fonds comprennent souvent une combinaison d’exploitants de satellites, de fournisseurs de lancements, de sociétés d’analyse de données et de sociétés des secteurs de l’aérospatiale et de la défense6.
Risques à prendre en compte
Malgré l’enthousiasme suscité par la nouvelle ère spatiale, le secteur est toujours en développement. C’est donc potentiellement risqué pour les investisseurs. Même si les progrès technologiques et la compétitivité financière devaient stimuler la croissance, le secteur pourrait également faire face à des risques liés aux tensions géopolitiques, aux tracasseries administratives et à l’évolution de la demande.
Le coût de développement des technologies spatiales représente un autre défi pratique. Même si le coût des lancements a diminué au fil du temps, la construction de fusées, de satellites et d’infrastructures de soutien nécessite d’importants capitaux initiaux, souvent assortie de longs échéanciers de développement et de rendements incertains7. Pour de nombreux projets (comme le Falcon 1 de SpaceX ou le New Shepard de Blue Origin), il faut des années avant de générer des revenus, et certains de ces projets n’atteignent jamais la viabilité commerciale (comme la fusée Taurus d’Orbital Sciences, qui a connu une série d’échecs de lancement très médiatisés)8,9. De plus, les échecs de lancement peuvent entraîner des revers coûteux10.
L’espace n’est plus hors de portée, mais investir dans ce secteur exige tout de même de la patience et de la rigueur en plus de comprendre que la volatilité peut être un compromis pour des gains potentiels à long terme. Les investisseurs doivent rester concentrés sur leurs objectifs, leur tolérance au risque et leur horizon de placement lorsqu’ils se tournent vers les étoiles.
- World Economic Forum and McKinsey & Company, “Space: The $1.8 Trillion Opportunity for Global Economic Growth Insight Report” (en anglais seulement), « Espace : Le rapport sur l'opportunité de croissance économique mondiale de 1,8 billion de dollars » (traduction libre), avril 2024
- European Space Agency, “Report On The Space Economy” (en anglais seulement), « Rapport sur l’économie spatiale » (traduction libre), décembre 2024
- Leadership avisé RBC, « Une orbite supérieure : élaboration et financement d’une stratégie spatiale canadienne plus ambitieuse », novembre 2025
- Ministère des Finances Canada, « Un Canada Fort Budget 2025 », novembre 2025
- KPMG International, “Emerging trends in aerospace and defense 2025” (en anglais seulement), « Tendances émergentes dans l’aérospatiale et la défense 2025 » (traduction libre), juin 2025
- RBC Gestion mondiale d’actifs, « iShares U.S. Aerospace & Defense Index ETF, consulté avril 2026
- OECD, “Space Economy Investment Trends: OECD Insights For Attracting High-Quality Funding” (en anglais seulement), « Tendances des investissements dans l’économie spatiale: Les connaissances de l’OCDE pour attirer un financement de haute qualité » (traduction libre), avril 2024
- Blue Origin, “Record of Safety” (en anglais seulement), « Dossier de sécurité » (traduction libre), consulté avril 2026
- NASA, “NASA Investigative Summary: Taurus XL T8 and T9 Mission Failures” (en anglais seulement), « Résumé de l’enquête de la NASA : Défaillances des missions Taurus XL T8 et T9 » (traduction libre), consulté avril 2026
- NASA, “NASA’s response to SpaceX’s June 2015 launch failure: Impacts on commercial resupply of the International Space Station” (en anglais seulement), « Réponse de la NASA à l’échec du lancement de SpaceX en juin 2015 : impacts sur le réapprovisionnement commercial de la Station spatiale internationale » (traduction libre), juin 2016
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